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Le groupe de La Danse de M Carpeaux juge au point de vue de la morale ou essai sur la facade du nouvel opera M C A de Salelles

Le groupe de La Danse de M. Carpeaux jugé au point de vue de la morale ou essai sur la façade du nouvel opéra
M. C. A. de Salelles


Dentu, Palais-Royal, galerie d'Orléans, Paris, 1869.


Petit in-8, brochure sous couverture bleue, 16 pp.
Signature autographe de l'auteur en page d'avant-propos.
Ex-libris en couverture.
Bel exemplaire.


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Avant-propos - Essai sur la façade du nouvel opéra : la façade, le concours et le favoritisme, les groupes et les statues, le vieux débauché, un groupe de l'art de la danse : comme je le comprends, conclusion, justification de cet essai : les critiques et les fanatiques - les femmes de ces messieurs - Rigolboche et Fifine - le régent - Rude et David d'Angers - Jouffroy - Maindron - Pradier etc. - Ceuillette : la tache d'encre - les journalistes inconséquents - le pavé de l'ours - l'admirable cochonnerie - une transaction - la morale littéraire et artistique.


Le 27 juillet 1869, les échafaudages de la façade de l'Opéra de Charles Garnier tombaient, découvrant les quatre groupes qui la décorent. Le scandale de La Danse de Carpeaux commençait, avec son cortège de caricatures, réprobations et manifestations, jusqu'au fameux acte de vandalisme commis par un inconnu qui jeta nuitamment une bouteille d'encre sur l'une des nymphes du groupe.


Le libelle de Charles A. de Salleles, membre de plusieurs sociétés morales et philanthropiques, s'inscrit dans cette campagne menée au nom de la morale offensée contre le "réalisme grossier" en art, qui serait une trahison de la vérité. Véritable "insulte à la morale publique",  le groupe de Carpeaux travestit la danse en "bacchanale", confondant ainsi débauche et beauté. Devant un tel manquement à la "décence" et à la "vérité", l'auteur "appelle un chat, un chat" : "Cet homme qui excite ces femmes ne représente pas un génie, mais un démon. Ces femmes ne sont-elles pas la personnification de la lubricité dans ce qu'elle a de plus corrompu? [...] Qui donc, en effet, voudrait des caresses de ces femmes éhontées? Elles sentent le vice et puent le vin [...] C'est, dit-on, un tour de force d'un talent complet, ce qui est rare. La passion est prise sur le fait, et il n'est pas possible de rendre avec plus de vérité une danse exécutées par des femmes ivres et nues. C'est du réalisme."
Evoquant en guise de conclusion "l'épouvantable massacre de Pantin", Salleles met en parallèle "l'exhibition d'obscénités" par "les bohèmes de l'art" et la presse et sa conséquence inévitable :  "la démoralisation des masses." Aux yeux de l'auteur, la photographie, qui introduit l'immoralité "furtivement partout, et jusque sous l'oreiller de l'Innocence endormie", renforce et aggrave ce phénomène de corruption du corps social, cause de toutes les décadences morales et donc politiques.
 

 



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