Hulten, Pontus et al.
André Raffray
Diptyques 1984-1987

André Raffray
Dix Paysages, onze Paysagistes
Hulten, Pontus et al.
Editions du Centre Georges Pompidou, Paris, 1981.
In-4, broché sous couverture illustrée, 27 pp.
Avec 20 illustrations en noir et en couleurs en fin de volumes.
Un coin frottée, rousseurs sur les plats.
Qui est Raffray?, par Pontus Hulten - Dix Paysages, onze Paysagistes, par André Raffray - Catalogue des Peintures [20 n°].
Ce catalogue a été édité à l'occasion de l'exposition André Raffray Dix Paysages, onze Paysagistes présentée par le musée national d'Art moderne, Centre Georges Pompidou, à Paris [18 mars - 4 mai 1981.
L'exposition présentait une série de dix toiles réalisées entre 1977 et 1981 par André Raffray d'après les œuvres de dix grands paysagistes des 150 dernières années, de Constable à Mondrian, de Van Gogh à Matisse.
La peinture de Raffray s'apparente au courant réaliste. Chez cet artiste qui a évolué dans une famille de photographes et a longuement pratiqué le cinéma, la quête de l'image, par le biais de la photo, intervient avant le travail pictural. Après avoir photographié le sujet qui l'intéresse et sélectionné le meilleur document, l'artiste définit, à la mine de plomb et sous projection, les principaux repères de l'image ; il procède ensuite, d'après le tirage photographique cette fois-ci, à la peinture proprement dite, effectuée cm. par cm. avec une rigoureuse minutie.
Le choix du sujet apparaît ici comme un élément essentiel de la peinture. A la manière d'un archéologue, A. Raffray a recherché les sites représentés par dix peintres célèbres du passé, plantant son appareil photographique là même où les maîtres plantaient leur chevalet. Raffray retrouve pour recommencer. La copie ou le plagiat ne sont en aucun cas le prétexte de cette peinture. Ici le point de départ est le sujet, non pas l'œuvre.
Le pèlerinage sur les lieux mythiques débouche sur un partage avec les maîtres : celui du plaisir dans l'approche d'une commune réalité, comme celui des obstacles de sa représentation. Sans doute ce partage, comme la recherche même du site, retrouvé tantôt intact et même protégé, tantôt défiguré, en quelque sorte perdu, sont-ils à considérer comme partie intégrante de l'œuvre de Raffray. Fondé sur une sorte de quête proustienne empreinte de fétichisme et de romantisme, ce travail pose également le problème des rapports qu'une peinture réaliste contemporaine entretient avec l'histoire de l'art.