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Etude sur les beaux arts en general Guizot Francois

Etude sur les beaux-arts en général
Guizot, François


Didier et Cie, Paris, 1860.


In-12, demi-chagrin bleu, dos à nerfs orné de fleurons, titre doré, 416 pp.
Mention de nouvelle édition.
Bon état. Légères marques d'usure sur les coiffes et les plats, des rousseurs importantes par endroits.



Livre non disponible
Publié en 1811, De l'état des Beaux-Arts en France et du Salon de 1810 fut le premier texte publié sous son nom par le jeune François Guizot (1787-1874), qui collaborait alors de façon anonyme aux revues de Pauline de Meulan, sa future épouse. Guizot, dont le père fut guillotiné à Nîmes en 1794, avait donc été confronté on ne peut plus personnellement à la Révolution, qui devint l'une des grandes affaires de son existence d'intellectuel doublé d'un homme d'action. Quelques jours avant son exécution, l'avocat girondin André Guizot avait reçu la visite de ses deux fils, François et Jean-Jacques, à la prison de Nîmes.  Ce Salon, exercice littéraire auquel sacrifièrent d'autres hommes politiques comme Auguste Thiers, se présente donc comme l'oeuvre de jeunesse d'un prétendant au milieu littéraire dont le territoire n'est pas encore parfaitement circonscrit. "L'étude des Arts a ce charme incomparable qu'elle est absolument étrangère aux affaires et aux combats de la vie", écrivait avec un certain détachement Guizot, en 1851, dans sa préface à ce recueil. La lecture de son essai démontre allégrement le contraire! Un passage assez curieux permet en particulier de mesurer à quel point cet événement politique traumatisant influa directement sur sa vision de l'art. Ses commentaires désabusés sur deux peintures traitant du thème de Caïn et Abel, par Libours et Guérin, déplorent "une manie de l'exagération d'autant plus déplorable qu'elle gâte les plus beaux sujets." Pour comprendre cette outrance de la pantomime et l'expression convulsive du fratricide, qu'il assimile à une forme de défiguration, le jeune critique ne voit d'autre explication que l'influence néfaste de l'histoire la plus récente sur l'expression ; le masque de la Terreur aurait laissé son empreinte sur les traits humains : "Notre révolution a exercé, écrit-il, à cet égard, une influence fâcheuse ; elle nous a accoutumés à voir des scènes hideuses, épouvantables : nous avons pris une cruelle habitude du sentiment de l'horreur, et les artistes nous regardent comme des gens émoussés sur lesquels on ne peut faire effet qu'en exagérant la nature. On ne saurait disconvenir d'ailleurs que, pendant ce temps, une exagération pleine de charlataneries n'ait régné en France ; l'expression des sentiments les plus simples, les plus honorables a été défigurée, outrée! Les traces de ces habitudes déclamatoires, poursuit-il, seraient aisées à trouver dans la langue [...]" 
Ce recueil, poursuit l'auteur dans sa préface, présente aussi son "Essai sur les liens qui unissent les Beaux-Arts ; question fondamentale à une époque où l'esprit d'imitation, souvent irréfléchie et confuse, joue dans les Arts un si grand rôle ; enfin la Description des tableaux d'histoire qui ont été gravés dans le recueil publié par M. Henri Laurent, sous le titre du Musée royal, et qui a fait suite au Musée impérial, publié par M. Robillard. J'aurais pu étendre plus loin cette dernière partie [...]. Mais il ne faut pas avoir, pour ses propres souvenirs, tant de complaisance que de les reproduire tous indistinctement devant un public déjà bien éloigné du temps auquel ils appartiennent. J'ai choisi, parmi mes études sur les ouvrages des grands maîtres, celles qui, soit par la célébrité des tableaux mêmes, soit pour l'histoire de l'Art, m'ont paru conserver le plus d'intérêt. C'est assez sans doute, de nos jours surtout où les faits disparaissent et où les hommes oublient si rapidement."