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La sculpture en France depuis Rodin Gischia Leon et Vedres Nicole

La sculpture en France depuis Rodin
Gischia, Léon et Védrès, Nicole


Edittions du Seuil, Paris, 1945.


In-12, broché, 182 pp.
Avec un envoi des auteurs à Jacques Lasseigne (sic).
Nombreuses illustrations en noir et blanc en hors-texte.
Assez bon état. Couverture légèrement passée avec petit manque de papier en coiffe de tête, papier jauni.


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La sculpture officielle - La sculpture indépendante - La sculpture d'avant-garde - La sculpture des peintres - Table des matières et des illustrations.


Ecrit en collaboration avec la romancière, dramaturge et chroniqueuse Nicole Védrès (1911-1965), cet essai du peintre et théoricien Léon Gischia (1903-1991) prenait une dimension programmatique dans le contexte culturel de l'après-guerre. Redéfinir les bases fondamentales sur lesquelles l'art -et d'une certaine façon la société- pourrait se reconstruire participait de ce sentiment que l'art et la culture avaient survécu en dépit de tout au désastre des années de guerre. On se souvient qu'en 1941, Gischia avait participé, aux côtes de Bazaine, Manessier, Le Moal... à l'exposition des "Vingt jeunes peintres de tradition française", qui  donna à ces artistes le sentiment d'avoir incarné une forme de résistance par les formes. Reconstruire la sculpture, c'était d'abord mettre l'accent, aux yeux de Gischia, sur ce qui se survivait sans conserver la moindre signification esthétique et sociale au risque de continuer à produire des oeuvres sans destination -l'art officiel, selon la formule empruntée par l'auteur. Cette vacuité esthétique, sur laquelle l'histoire de l'art tend d'ailleurs à revenir, tenait au fait que "tout notre art officiel, peinture, sculpture, architecture, vit sur cette esthétique renaissante.", charge qui n'étonnera guère de la part d'un artiste qui avait été fasciné par la redécouverte de la peinture romane, au point de consacrer -avec Lucien Mazenod- son premier ouvrage aux Arts primitifs français en 1938.  Médiéval, primitif devenaient dans ce contexte culturel des synonymes valorisants d'authenticité et de vérité, la renaissance prenant désormais la forme d'un mensonge esthétique qu'il n'était que temps de dévoiler. Refonder l'art, selon Gischia, signifiait d'abord en finir avec "la décadence finale d'un principe sur lequel nous vivions depuis la fin du moyen âge."

"Sur cette tradition longuement élaborée, mûrie, finalement acceptée, et qui en son âge le plus heureux a rallié l'adhésion du public, jusqu'à pouvoir constituer un primat esthétique, est venue croître la végétation parasitaire de l'académisme...
"Nous savons qu'il n'en naîtra plus rien, que la terre est épuisée. Tout ce qui par l'académisme se survit de si piètre façon sanctionne en fait sa propre perte. Nous n'avons plus qu'à regarder en avant. [...] Si notre réaction à l'académisme, à cette saturation qu'il représente, ne se manifeste que par une passivité qui semblera impossible aux hommes de l'avenir -car eux ne pourront manquer d'être frappés par l'aspect plus que pittoresque, littéralement grotesque et parfois dément qu'offre tel monument officiel funéraire ou politique- il n'en demeure pas moins qu'une accumulation de formes hideuses nous entoure, circonscrit dans une certaine mesure notre horizon esthétique, nous poursuit jusque dans les endroits les plus reculés où nous tentons de lui échapper. Notre indifférence le condamne, soit. Mais provisoirement seulement." (L. Gischia)
 

 



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