Polygraphe aujourd'hui quelque peu oublié, on doit à Edmond Pilon (1874-1945) un essai sur l'oeuvre d'Octave Mirbeau et plusieurs études artistiques sur Watteau, Greuze, Constance Meyer et Chardin.
La biographie jouait un rôle essentiel dans ces ouvrages de vulgarisation -au meilleure sens du terme- de l'histoire de l'art, mais également la monographie de ville d'art qui, à l'instar de ce livre consacré à Bruges, permettait à l'auteur de décliner analyses historiques, considérations esthétiques et impressions de voyage afin de cerner "l'âme" d'une ville. Les éditeurs Henri Laurens et Arthaud se firent une spécialité de ces ouvrages de littérature d'art. Chez Henri Piazza, Edmond Pilon a également consacré trois volumes au Charme de Paris (1933-1935).
"Quoique les siècles aient fait", écrit Pilon, "Bruges reste une ville maritime, une cité des eaux. La mer s'est éloignée, qu'importe? Bien que d'une surface moins étendue que jadis, l'eau demeure qui, par dix canaux, relie à Ostende, à Blankenberghe, à L'Ecluse, à Zeebrugge, la cité florissante et la ville morte. Et la mer, qui commanda jadis à Bruges, éveilla son négoce, suscita sa civilisation, puis en se dérobant la plongea dans le calme d'un sommeil séculaire, n'en demeure pas moins ici la suzeraine, la protectrice."