Thiébaut, Dominque et al.
Primitifs français - Découvertes et redécouvertes
Bouchot, Henri
Cette parution offrit également à Bouchot l'opportunité de répliquer à son détracteur sans jamais le nommer. C'est pourtant bien à Dimier que s'adresse Bouchot lorsqu'il stigmatise la primauté de la référence italienne : "La légende d'une "renaissance" italienne a hypnotisé plusieurs générations d'hommes très sincères, qui ont établi des formulaires esthétiques étranges, appliquées avec une ténacité incroyable." "C'est Müntz et plus encore Dimier, écrit F.-R. Martin, que Bouchot vise encore quand il dénonce le crédit accordé aux monuments de la littérature artistique étrangère : "Il y a, dans Vasari, des contes de ma mère L'Oie que les Primaticiens français enregistrent avec une religion sereine. C'est même de là qu'ils partent pour contredire tout ce qui touche à notre art national." Enfin, Bouchot pense naturellement à Dimier quand, arrivant au début du XVIe siècle, il conclut son livre par ce raccourci : "C'est dans le portrait que se réfugie notre art national, envahi par les décadents italiens de l'Ecole de Fontainebleau". Ailleurs, Bouchot démasque l'érudit de province prétendument "ignorant" en des termes encore plus violents : "C'est la théorie romantique et ultramontaine de 1830, et les idées de M. Dimier, exprimées en une langue très particulière, sont dépourvues d'imprévu. Nous en sommes au temps où je ne sais quel citoyen fantaisiste donnait une formule d'incendie pour la destruction des églises gothiques." (F.-R. Martin, La gloire des Primitifs français (1904-1945), Rmn, 2004) Dimier ne tarderait pas à reprendre la polémique dans une nouvelle série d'articles parus dans Les Arts en 1905...