Fierens, Paul
James Ensor
Liste des ouvrages
Les dessins d'Ensor
Fierens, Paul
Editions Apollo, Bruxelles-Paris, 1944.
In-12, broché, sous couverture illustré, 43-48 pp.
Avec quelques illustrations en noir et blanc in texte et 48 planches en noir et blanc en hors-texte.
Bon état.
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Les dessins d'Ensor - Table des planches - Planches.
Publié aux éditions Apollo, que dirigeaient Robert L. Delevoy, le livre de Paul Fierens (1895-1957) repose tout entier sur un paradoxe apparent : comment cerner par la ligne un artiste que l'on rattache plus souvent à une grande tradition matiériste de l'art. Son travail au couteau ne manifesta-t-il pas longtemps la volonté d'un art sommaire et fruste? Paul Fierens, qui allait intégrer l'année suivante les Musées royaux des Beaux-Arts, à Bruxelles, affronte d'emblée cette question en insistant sur le fait qu'il écrit une histoire empirique des dessins et non une histoire programmatique du dessin... : "Les Flamands sont peintres, c'est entendu. On a mille fois raison de le dire ; on a peut-être tort d'aller le répétant, le proclamant, car on a presque l'air de sous-entendre qu'ils ne sont pas dessinateurs. Or rien n'est plus faux." Et de noter, en particulier, le changement qui se fit jour lorsqu'Ensor, "qui s'était comporté presque exclusivement en peintre", commença à graver, à manier la pointe de l'aquafortiste à partir de 1885. Fierens s'attache ensuite à spécifier la nature de ce trait ensorien : "Le trait , décidément, supplante les frottis, les griffonis, -un trait qui tantôt insiste et tantôt élude, tantôt égratigne ou mord et tantôt carresse, pelote ; la ligne se boucle, se tireb, se tirebouchonne, se tord (de rire) [...]. La folle du logis s'en donne à coeur joie, fait des siennes. Elle exige, que pour la plume ou le crayon suivent les soubresauts de la fantaisie créatrice, une entière disponibilité de l'appareil enregistreur et une absolue liberté technique. Ensor invente sa facture, au fur et à mesure qu'il invente ses motifs, ses figures [...]." Parlant d'"écriture automatique", plus réelle à ses yeux chez Ensor que chez les surréalistes, Fierens suit la ligne d'Ensor comme un sismographe de la vision et de l'émotion du peintre. "Les dessins d'Ensor sont Ensor lui-même, conclut l'auteur. Ensor à l'état de veille ou de rêve, réaliste ou surréaliste ou "animiste", -Ensor à l'état pur, Ensor démasqué."
