Adelaïde Labille-Guiard 1749-1803, Biographie et catalogue raisonné de son oeuvre - Passez, Anne Marie
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Adelaïde Labille-Guiard 1749-1803, Biographie et catalogue raisonné de son oeuvre

Passez, Anne Marie

Arts et métiers graphiques, Paris, 1973.
In-4, reliure pleine toile éditeur sous jaquette illustrée en couleur, 346 pp.

Nombreuses planches en noir et en couleur.
Bon état d'ensemble. Jaquette légèrement frottée.
Avant-propos - Biographie : Les années de formation. - L'apogée de sa carrière. - De la Révolution à sa mort - L'oeuvre - Catalogue raisonné - Catalogue des oeuvres incertaines passées en ventes publiques - Liste des oeuvres des collections publiques rejetées - Appendices : Pièces justificatives. - Tableaux généalogiques. - Bibliographie. - Tableau chronologique des Salons. - Les expositions. - Index des titres. - Index topographique. - Index des noms cités. - Table des matières.

Durant la quinzaine d'années qui précédèrent la Révolution, la scène artistique parisienne fut marquée par un phénomène sans précédent  : l'affirmation professionnelle de jeunes femmes peintres fermement décidées à en finir avec l'invisibilité et l'amateurisme dans lesquels les maintenait le système académique. Elles se nommaient Anne Vallayer-Coster, Elisabeth Vigée-Le Brun, Adèle Romany, Adélaïde Labille-Guiard....
L'autoportrait fut le meilleur moyen d'affirmer cette nouvelle conscience de soi féminine et cet esprit de conquête et devint le thème privilégié de ces peintres femmes qui revendiquaient leur nouveau statut social. Se représenter devant une toile les pinceaux à la main permettait de répondre dans et par la peinture à ceux qui niaient la légitimité d'une carrière artistique féminine.
Les dimensions exceptionnelles de l'autoportrait peint par Adélaïde Labille-Guiard en 1785 témoignent de cette ambition picturale autant qu'intellectuelle et politique. Académicienne depuis deux ans, l'artiste se représente devant une immense toile entourée de deux de ses élèves. Cet éloge de l'apprentissage rejoint une conception méritocratique du travail artistique qui préfigure l'idéal du 4 août 1789 : chacun peut désormais espérer se faire une place en proportion de ses talents. La ressemblance qui fonde le métier de portraitiste est décrite ici comme le fruit d'un patient labeur qui ne doit rien à la naissance, mais tout à la persévérance. Adélaïde revendique la fonction d'enseignante, alors que le statut de professeur restait un privilège réservé aux seuls académiciens.
Mais à partir de 1793, et surtout en 1794, l'exclusion progressive des femmes de la citoyenneté trouva sa conclusion logique dans le monde des arts sous le Directoire : l'Institut qui remplace à partir de 1785 la défunte académie, a poursuivi et achevé "cette redistribution du pouvoir au profit exclusif des hommes" (Marie-Josèphe Bonnet) Au nom des "lois de la nature", la Révolution entendait priver les femmes du statut d'individu majeur -et donc d'artiste- afin de les réduire au seul rang de mère.


 
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