Flandre - Essai sur l art flamand depuis 1880 - L impressionnisme - Haesaerts, Luc et Paul
Flandre - Essai sur l art flamand depuis 1880 - L impressionnisme - Haesaerts, Luc et Paul
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Flandre - Essai sur l'art flamand depuis 1880 - L'impressionnisme

Haesaerts, Luc et Paul

Editions des Chroniques du Jour, Paris, 1931.
Petit in-4, couverture rigide illustrée en noir et blanc, reliure toile éditeur, dos lisse, 703 pp.

Un des mille exemplaires sur papier couché Strathesk (n° 960).
Avec un frontispice en couleurs et de très nombreuses illustrations en noir et blanc en hors-texte.
Bel exemplaire. Couverture très légèrement salie.
Avant-propos : une critique par la photographie - I. A la recherche d'un lecteur et d'un sujet II. Sur la méthode, le plan et l'esprit de cet ouvrage III. Deux annonciateurs : De Braeckeleer et Stobbaerts IV. L'art en ébullition ou le réveil des Quatre-Vingts V. James Ensor et la diversité du monde VI. Mornes clartés ou l'impressionnisme vulgaire VII. Jakob Smits et l'obsession de la lumière VIII. Les empâtements de la peinture grasse IX. Henri Evenepoel, l'enfant prophète X. Les "Fauves" flamands ou l'impressionnisme rénové XI. La folle joie de Rik Wouters XII. Aux abords de nouvelles esthétiques.

La parution de cet ouvrage monumental, en 1931, constitua un véritable événement éditorial. Ecrite et composée par Luc et Paul Haesaerts (1901-1974), cette première publication fut pour les deux frères un véritable coup de maître dans le monde de l'édition d'art, qui devance plus qu'elle ne préfigure les réalisations ultérieures de Malraux. Sous la plume de Jean Milo, la description de Luc Haesaerts "disposant autour de lui comme un jeu de cartes gigantesque les documents de Flandre, ce premier étage du monument consacré à la peinture flamande [...]" fait d'ailleurs étonnament penser aux célèbres photographies de Malraux (par M. Jarnoux) en pleine réflexion devant les reproductions du deuxième tome du Musée imaginaire jonchant le sol. A l'origine, ce projet consacré à l'histoire de l'art moderne en Flandre devait comporter trois livres, mais seul le premier verra le jour. On connait d'ailleurs les maquettes prévues pour les couvertures des deux autres volumes jamais publiés : Le Symbolisme et, enfin, L'Expressionnisme.
"Le livre, à tous égards, frappait par sa nouveauté, écrit le peintre Albert Dasnoy.  Il introduisait dans la critique un accent de chaleur et de vécu, et paraissait avoir été écrit tout entier sous le coup d'une révélation première de l'art et de la condition des artistes." Cet enthousiasme, à la sortie du livre, ne concerna pas que les artistes puisqu'un historien d'art aussi réputé que Paul Fierens évoqua, lui aussi, la singularité sans précédent de cette prouesse éditoriale : "Flandre est un livre étonnament nouveau : 1° par la méthode adoptée, le mode de présentation du texte et des planches ; 2° par le ton, l'esprit et le style ; 3° par le sujet même. Tout cela vivant, c'est le mot, loin des formules habituelles, de l'académisme, de la routine. Tout cela comme un appel direct à la sympathie, à l'intelligence du lecteur, et d'abord aux yeux."
La mise en page et l'usage des planches photographiques inventés par les frères Haesarts bouleversaient totalement les liens traditionnels entre le texte et l'image. "Quand donc renoncera-t-on à publier des livres d'art qui entassent, sans rigueur aucune, des documents où le choix intervient à peine?, s'interrogent les auteurs. Non, maintenant que les diverses techniques de la reproduction connaissent une telle variété et ont atteint un si haut degré de développement, il n'est plus concevable qu'on prive le lecteur de ce plaisir profond qui peut résulter d'une complète harmonie entre l'illustration et l'écriture d'un ouvrage [...] Quels services un objectif braqué avec intelligence, goût et hardiesse serait à même de rendre à la critique d'art! [...] Travail délicat, difficile, mais qui, mené à bien, permettrait presque de se passer de texte et de disséquer, d'analyser, de reconstruire, de situer les oeuvres rien qu'à l'aide de l'image : critique photographique [...] Je me défie des peintures et des sculptures qui ne résistent pas à la fragmentation"!
Les auteurs évitent systématiquement de mélanger texte et clichés, dus au photographe Constant Joosen. "De cette façon, indiquent-ils, qui voudra lire notre oeuvre par l'image, sans se soucier de sa rédaction, n'en sera distrait par rien." Les reproductions se présentent ainsi toujours sur le côté pair de la pagination et toujours dans le sens de la composition typographique, "ce qui évite au spectateur la fatigue de faire sans cesse pivoter le livre [...] En un mot, nous avons cherché à créer une atmosphère de calme propice à la méditation en écartant avec soin toutes les causes matérielles qui peuvent troubler la pensée du lecteur aiguillée tantôt dans un sens, tantôt dans l'autre."
Jean Cassou tint à saluer avec éclat cette parution dans la presse française (La Revue hebdomadaire, 2.4.1932) : "Il existe un miracle belge. Cette petite Belgique est merveilleusement faite pour l'art. La peinture y fleurit avec une prodigieuse exubérance, elle y est cultivée, aimée d'un amour ardent, fraternel, presque corporatif. Raconter l'histoire de la peinture belge depuis un siècle, c'est raconter une légende, riche en suggestions, en surprises, en découvertes [...]. C'est cette histoire que dans un langage non moins assuré, Luc et Paul Haesarts entreprennent de nous rapporter. Leur ouvrage s'appelle Flandre."


 
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