Jules Romains fut l'un des rares critiques français qui continua de s'intéresser à l'oeuvre d'
Henri Le Fauconnier (Hesdin 1881-Paris 1946), peintre de plus en plus oublié malgré son retour à Paris en 1921. Les liens anciens des deux artistes avec le groupe de l'abbaye, à Créteil, ne sont sans doute pas étrangers à cette proximité maintenue. Marqué par une vision très personnelle du cubisme -
Apollinaire qualifiait son art de cubisme "physique"- et du futurisme, Le Fauconnier devait s'installer aux Pays-Bas pendant la Première Guerre Mondiale. Si ses contacts étroits avec les artistes hollandais (
Mondrian en particulier) et les expressionnistes belges exilés (Van der Berghe, De Smet ainsi que le critique
André de Ridder) jouèrent un rôle important dans la divulgation du cubisme aux Pays-Bas, Le Fauconnier fut en retour nettement influencé par la leçon de Rembrandt, au point d'évoluer vers un expressionnisme aux empâtements de plus en plus exacerbés (
triptyque du Vagabond).
A la suite de ce long séjour (1914-1921), les oeuvres principales d'
H. Le Fauconnier sont conservées dans les musées néerlandais : au Stedelijk d'Amsterdam et au Gemeentemuseum de La Haye.
Originaire lui-aussi de Hesdin, dans le Pas-de-Calais, le peintre
Régis Deparis (1948-2013) avait consacré peu avant sa mort, en 2013, un ouvrage à cet artiste :
Henri Le Fauconnier, pionnier du cubisme.