On se souvient avant tout du docteur
Alfred Lejeal (1830-1879) pour ses travaux sur l'histoire de la
faïence et de la
porcelaine dans le
Nord, en particulier pour
Ses Recherches sur les manufactures de faïence et de porcelaine dans l'arrondissement de Valenciennes (1868). Si sa "collection unique était digne d'être tout entière placée dans un musée", le Docteur
Lejeal n'avait cependant rien de l'érudit en chambre retiré du monde. "Peu d'hommes, écrit l'expert bruxellois
Jules de Brauwere, ont eu une vie plus occupée par leurs devoirs professionnels et plus chargée de fonctions publiques que la sienne.
"
Alfred-Désiré Lejeal est mort à Valenciennes, sa ville natale, le 17 juin 1879, à l"âge de 48 ans et 7 mois. Après de brillantes études au Collège de
Valenciennes et à la Faculté de médecine de Paris, reçu docteur en 1855, il se fixa à
Denain, qu'il quitta peu de temps après pour
Valenciennes, lorsqu'il fut nommé chirurgien en chef de L'Hôtel-Dieu de cette ville.
"Il fut membre du Conseil municipal, du Conseil d'arrondissement, du Conseil des Hospices, du Conseil d'Hygiène, de la Société de Chirurgie de Paris, du Conseil académique de
Valenciennes, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Valenciennes, chirurgien des Canonniers sédentaires, délégué médical pour l'arrondissement, médecin de la Compagnie du chemin de fer du Nord, médecin du Lycée, l'un des fondateurs de la Société des bibliothèques populaires, enfin président et principal conférencier de l'Association valenciennoise de l'Enseignement populaire.
"Mais le fardeau écrasant de ces honneurs et de ces travaux consciencieusement conduits, le docteur Lejeal en consacrant à un objet spécial et nettement déterminé les heures que d'autres eussent données au repos ou au plaisir, a attaché son nom à l'histoire de l'art industriel en France ; désormais il n'est plus possible d'écrire les annales de la céramique sans recourir à ses travaux comme à une source authentique pour tout ce qui concerne, dans le Nord de la France, cette branche délicate de la production [...].
"Trois causes expliquent la valeur du livre en même temps qu'elles font comprendre comment l'auteur a pu le produire : un goût très vif pour les choses de l'art, qui, en lui, comme chez les anciens, s'étendait jusqu'à son application aux plus humbles objets ; un sentiment patriotique qui, dans les jouissances mêmes du collectionneur, trouvait moyen de contribuer à la glorification de son arrondissement, en lui restituant un fleuron de sa couronne ; enfin cet amour du réel et de la précision en tout, qui lui faisait apporter, dans des recherches qu'il appelait des distractions, quelque chose des procédés investigateurs du physiologiste.
"Ses observations ont toutes été faites de première main et les pièces qui composaient son cabinet, et qui vont être disputées à la chaleur des enchères, en formaient le commentaire et l'illustration permanente [...].
"Quelque regrettable qu'il soit qu'il n'en ait pu être ainsi, beaucoup, parmi ceux que leur goût porte vers la céramique, seront heureux de trouver, dans la dispersion des oeuvres dont cette notice précède le catalogue, une occasion qui jamais plus sans doute ne se retrouvera, de choisir [...], celles des pièces qui [...] leur plairont le mieux comme spécimens des deux centres importants de fabrication à qui, grâce aux travaux du docteur Lejeal, est revenue la place honorable qu'ils méritaient dans l'histoire de l'art industriel français.
"[...]. On conçoit donc l'intérêt à la fois artistique et patriotique qui attachait les préoccupations du docteur Lejeal à ces deux centres de fabrication [Saint-Amand et Valenciennes].
"Indépendamment de nombreux spécimens de la plupart des faïences françaises du XVIIIe siècle et de quelques variétés de porcelaines, la collection du docteur Lejeal comprend surtout et spécialement l'ensemble complet de tous les types fabriqués par la faïencerie de Saint-Amand et permettant de reconstruire par près de 350 spécimens l'histoire technique de cette fabrique."