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Pharaon de Winter 1849 1924 Histoires de l ame flamande Guillaut Laurent dir

Pharaon de Winter 1849-1924. Histoires de l'âme flamande
Guillaut, Laurent (dir.)


Edition musée Benoît de Puydt, Bailleul, 1994.


In-8, format à l'italienne, 87 pp.
Avec de nombreuses illustrations en noir et blanc et en couleurs in texte et en hors-texte.
Bon état. Quelques passages surlignés dans les premières pages.



Livre non disponible
Ce catalogue, aujourd'hui épuisé, accompagnait l'exposition monographique qui s'est tenue au musée Benoît De Puydt de Bailleul de novembre 1994 à février 1995. Né à Bailleul en 1849, ce fils d'artisan sabotier fut formé à Bruges et à Bailleul avant de rejoindre l'école des Beaux-Arts de Lille, en 1869, grâce à une bourse de la Fondation de Puydt. En 1872, de Winter rejoint l'atelier de Cabanel à Paris, où il se lie d'amitié avec Bastien-Lepage et Léon Comerre. Il expose pour la première fois au Salon des Artistes français en 1875, institution à laquelle il restera fidèle. Son réalisme austère et sa volonté de vérisme ethnographique (tisserands, religieuses...) en font un artiste emblématique des courants naturalistes attachés, sous la Troisième République, à un naturalisme fait d'exigence technique et scientifique. Aux yeux de certains critiques régionalistes, de Winter sera érigé en digne héritier de la tradition artistique flamande des siècles passés. Souvent indissociable d'une critique des courants modernes de la peinture, cet éloge d'un "artiste essentiellement flamand [qui] possède les qualités que l'histoire de l'art associe à ce vocable ethnique : la sincérité de l'imitation, la fidélité du rendu, l'éclat du coloris, la robuste sûreté de la facture" (François Benoît cité dans N. Buchaniec, Les expositions artistiques dans le Nord de la France (1870-1914), p. 223) culminera lors de la première rétrospective de son oeuvre, organisée à Roubaix en 1911 "en marge du Salon d'art moderne de L'Exposition internationale de nord de la France. L'exposition rassemble quatre-vingt-six oeuvres dont L'indiscrète [reproduite en couverture sur le catalogue de Bailleul] et a été visitée par plus de dix mille personnes." (ibid.)
La dimension presque provocante de ses autoportraits confère cependant une force indéniable à cette peinture lourdement silencieuse, lente jusqu'à l'immobilité. Ces regards expriment une volonté morale de prendre le spectateur à témoin. De Winter trouvait ses modèles dans son environnement proche, à la manière du cinéaste Bruno Dumont pourrait-on dire, qui recherche ses  acteurs non professionnels à Bailleul, sa ville natale. Témoin privilégié de l'horreur du monde, Pharaon de Winter, personnage principal de son film L'humanité, est présenté comme le petit-fils du peintre, dont il porte le nom et habite la rue. Devant son lit est accroché l'un des autoportraits scrutateurs de son grand-père. Les regards de ce personnage à la parole différée et aux gestes infiniments lents semblent seuls tenir lieu de parole : au musée de Lille, pendant l'accrochage de l'exposition consacrée au peintre, Pharaon de Winter entre en contemplation devant le portrait d'une enfant, oeuvre Pharaon de Winter ...