Liste des ouvrages


disponible
175€
 
ajouter à ma commande

L art francais sous la Revolution et l Empire les doctrines les idees les genres Benoit Francois

L'art français sous la Révolution et l'Empire, les doctrines- les idées- les genres.
Benoit, François


Société française des éditeurs d'art, Paris, L.-Henry May, 1897.


In-8, demi-chagrin rouge, dos à cinq nerfs, titre doré [L'Art Français], plats marbrés, v-458 pp.


Avec 76 figures dont 16 hors-texte.
Rare.

Bel exemplaire. sure des coins inférieurs menus frottements sur le dos, rousseurs éparses sur les gardes.



afficher le sommaire

Avant-propos - Première Partie. Les influences : Première Section : Les théories - Deuxième Section : Influence des arts du passé - Troisième Section : Le public et le gouvernement - Quatrième Section : les institutions artistiques - Deuxième Partie. Les artistes et les œuvres : Première Section : Les artistes - Deuxième Section : L'architecture - Troisième Section : La peinture et la sculpture. Les maîtres et les écoles - Quatrième Section : La peinture et la sculpture. Les genres et les œuvres - Conclusion - Index bibliographique - Index des artistes - Table des gravures dans le texte - Table des gravures en hors texte - Table des matières.



Figure atypique, sinon étrange, François Benoit joua un rôle déterminant et singulier dans l'établissement d'une faculté d'histoire de l'art à Lille. Elève de Henry Lemonnier (1842-1936) -premier titulaire d'une chaire d'histoire de l'art à la Sorbonne en 1896 et figure fondatrice de l'histoire de l'art universitaire en France-, Benoit soutint sa thèse sur l'art de l'époque révolutionnaire avec ce maître admiré -la dédicace de cet ouvrage en témoigne avec éloquence- en 1897. 


Nommé en tant que chargé de cours à Lille, Benoit fut à sa manière un révolutionnaire pédagogique. Il réussit à transformer son poste en chaire d'histoire de l'art à part entière en 1907, faisant de Lille une des villes pionnières dans ce domaine en France. Sa force de conviction était légendaire : à la faculté, il créa ainsi à partir de rien un institut d'histoire de l'art ancien et moderne sur le mode d'un véritable laboratoire de recherches, avec bibliothèques, collections photographiques et musée démonstratif de moulages. Ses innovations pédagogiques et son prosélytisme -ne qualifiait-il pas ses élèves de "disciples"- l'ont vite convaincu de la nécessité sociale et presque apostolique de ne pas limiter son enseignement au seul cadre universitaire, mais de l'étendre à l'école des Beaux -Arts, aux collèges et aux universités populaires, voire même jusqu'aux écoles primaires en collaboration avec les instituteurs : "C'est contribuer au progrès social que de populariser l'aspiration et l'aptitude à l'impression esthétique [...]', écrivait-il. 

Avec le sculpteur Depléchin, il sera ensuite à l'origine d'une Société septentrionale des beaux-arts, dont la finalité -infructueuse- était de "susciter un véritable courant d'art septentrional". "Mais Benoit, devenu membre de la Commission historique du Nord, ne perd pas son altruisme [...]. Il est fascinant de lire à travers ses écrits comment ce professeur parvient à concilier, dans un raisonnement logique, l'universalisme républicain avec une passion véritable pour les particularismes. Tous les régionalistes ne le suivent pas dans cette voie, loin s'en faut." (Benoît Mihail, Une Flandre à la française, l'identité régionale à l'épreuve du modèle républicain, éd. Labor, Bruxelles, 2006, p. 121)

D'une grande nouveauté dans l'histoire de l'art de ces années, le sujet de sa thèse, L'art français sous la Révolution et l'Empire, n'était sans doute pas étranger aux débats intellectuels suscités par le centenaire de la Révolution. Le discrédit esthétique qui frappait l'art de cette période demeurait intact alors que le XVIIIe siècle restait unanimement apprécié, tant du côté des amateurs que des érudits. L'ouvrage de Benoit porte lui-même les traces de cette réticence envers "l'art inanimé et archéologique de David et de ses maladroits imitateurs." "L'art de ce temps ne récompense que rarement celui qui l'étudie par l'occasion de jouissances esthétiques", estime toujours Benoit, qui pense néanmoins "impossible que le tempérament se laisse indéfiniment comprimer par le système."
"Pour manquer d'attrait, conclut-il, l'examen de cette période déconsidérée n'en était pas moins nécessaire." Il ne s'attache donc guère, dans cet essai brillant, à écrire une histoire de l'art détaillée des artistes de la Révolution et de l'Empire. Plus préoccupé des conditions de production des oeuvres et des relations qu'entretinrent alors les artistes avec le public et les divers gouvernements, il n'aspire pas à faire "oeuvre de narration, mais d'explication."
 


 



SUR LE MÊME THÈME