Saunier, Ch.
Lemonnier, Henry et al.
Louis David Gros Ingres
3 tomes en un volume

In-8, demi-chagrin rouge, dos à cinq nerfs, titre doré [L'Art Français], plats marbrés, v-458 pp.
Bel exemplaire. sure des coins inférieurs menus frottements sur le dos, rousseurs éparses sur les gardes.
Avant-propos - Première Partie. Les influences : Première Section : Les théories - Deuxième Section : Influence des arts du passé - Troisième Section : Le public et le gouvernement - Quatrième Section : les institutions artistiques - Deuxième Partie. Les artistes et les œuvres : Première Section : Les artistes - Deuxième Section : L'architecture - Troisième Section : La peinture et la sculpture. Les maîtres et les écoles - Quatrième Section : La peinture et la sculpture. Les genres et les œuvres - Conclusion - Index bibliographique - Index des artistes - Table des gravures dans le texte - Table des gravures en hors texte - Table des matières.
Nommé en tant que chargé de cours à Lille, Benoit fut à sa manière un révolutionnaire pédagogique. Il réussit à transformer son poste en chaire d'histoire de l'art à part entière en 1907, faisant de Lille une des villes pionnières dans ce domaine en France. Sa force de conviction était légendaire : à la faculté, il créa ainsi à partir de rien un institut d'histoire de l'art ancien et moderne sur le mode d'un véritable laboratoire de recherches, avec bibliothèques, collections photographiques et musée démonstratif de moulages. Ses innovations pédagogiques et son prosélytisme -ne qualifiait-il pas ses élèves de "disciples"- l'ont vite convaincu de la nécessité sociale et presque apostolique de ne pas limiter son enseignement au seul cadre universitaire, mais de l'étendre à l'école des Beaux -Arts, aux collèges et aux universités populaires, voire même jusqu'aux écoles primaires en collaboration avec les instituteurs : "C'est contribuer au progrès social que de populariser l'aspiration et l'aptitude à l'impression esthétique [...]', écrivait-il.
Avec le sculpteur Depléchin, il sera ensuite à l'origine d'une Société septentrionale des beaux-arts, dont la finalité -infructueuse- était de "susciter un véritable courant d'art septentrional". "Mais Benoit, devenu membre de la Commission historique du Nord, ne perd pas son altruisme [...]. Il est fascinant de lire à travers ses écrits comment ce professeur parvient à concilier, dans un raisonnement logique, l'universalisme républicain avec une passion véritable pour les particularismes. Tous les régionalistes ne le suivent pas dans cette voie, loin s'en faut." (Benoît Mihail, Une Flandre à la française, l'identité régionale à l'épreuve du modèle républicain, éd. Labor, Bruxelles, 2006, p. 121)