Entre deux coups de ciseau. Souvenirs d un sculpteur - Salmson, Jules
--VENDU--

Entre deux coups de ciseau. Souvenirs d'un sculpteur

Salmson, Jules

Alioth - Lemerre, Genève - Paris, 1892.
In-8, broché, 359 pp.

Avec quatre-vingt illustrations in texte ; croquis par Aimée Rapin, Grobet, Poggi, gravures par Guillaume Frères.
Bon état. Couverture et dos refaits postérieurement, un pli sur le coin inférieur de la couverture, intérieur très frais. La préface et l'avant-propos n'ont pas été conservés (xv ff.), cet exemplaire s'ouvre sur la dédicace que suit le chapitre I.
 Au lecteur - Chapitre I. Mon enfance. - Aventure tragique d'un portrait d'enfant. Chap. II. Le père Claray. - Ma vocation  parle. - Mes premiers maîtres. Chap. III. Sylvanie. Chap. IV. Mon premier atelier. - Schaunard. Chap. V. La symphonie incomprise. Chap. VI. Le poète Carolle. Chap. VII. Antipathies d'école. Chap. VIII. L'audience du ministre. Chap. IX. Le baron Bosio. Chap. X. Préault et l'école de l'imprévu. Chap. XI. Mes sympathies prophétiques. Chap. XII. Le café Bernadot. Chap. XIII. L'influence du brun dans les arts. Chap. XIV. La sandale de Talma. Chap. XV. La cheminée féodale. Chap. XVI. Firmin. Chap. XVII. Michel Pascal. Chap. XVIII. Charles Vincent. Chap. XIX. Rupture avec la bohême. Chap. XX. Le chapeau de feutre. Chap. XXI. Une visite chez David d'Angers. Chap. XXII. Le référendaire à la Cour des Comptes. Chap. XXIII. En cour d'appel. Chap. XXIV. Pierre Leroux. Chap. XXV. Les frères Blanc. Chap. XXVI. François Rude. Chap. XXVII. Ma statue de Molière. Chap. XVIII. James Pradier. Chap. XXIX. Mon premier voyage en Angleterre. Chap. XXX. Emile Jaennest. Chap. XXXI. Tunique antinuptiale. Chap. XXXII. Justin Mathieu. Chap. XXXIII. Mes débuts au Salon. Chap. XXXIV. L'aveugle et le paralytique. Chap. XXXV. Un parapluie classique. Chap. XXXVI. Hamon. Chap. XXXVII. Visite chez Eugène Delacroix. Chap. XXXVIII. Les soirées d'Arsène Houssaye. Chap. XXXIX. Les soirées du Louvre. Chap. XL. Léon Cogniet. Chap. XLI. Troyon chez Dupré. Chap. XLII. Antoine Bovy. Chap. XLIII. Charles Gleyre. Chap. XLIV. Deuxième voyage en Angleterre. Chap. XLV. Troisième voyage en Angleterre. Chap. XLVI. Richard Wallace. Chap. XLVII. Mon retour à Paris. Chap. XLVIII. Barthélémy Saint-Hilaire, Guizot et Thiers. Chap. XLIX. Chez le docteur Forget. Chap. L. Mon départ pour la Suisse. Chap. LI. Coup d'oeil sur les arts en Suisse. Chap. LII. Les sculpteurs coloristes. Chap. LIII. De l'allégorie. Chap. LIV. L'anémie dans l'art. - Table des matières.

La rareté des mémoires de sculpteur, au XIXe siècle, confère à ces Souvenirs d'un sculpteur un caractère assez exceptionnel. Fils d'un Grand Prix de Stockholm en gravure sur médailles et pierres fines qui préféra s'installer à Paris, contrairement aux  obligations statutaires qui lui prescrivait de rejoindre l'Italie, Jules Salmson (1823-1902) convie le lecteur à une traversée singulière du monde parisien des ateliers de sculpture, au XIXe siècle. Des inimitiés d'atelier aux "sympathies prophétiques", de "l'école glaciale de la restauration" aux audaces romantiques, de sa Dévideuse néo-grecque au monument à Saussure pour la ville de Chamonix, aucun des petits secrets et autres anecdotes qui constituent une part de la vie artistique n'échappe au mémorialiste mélancolique et quelque peu désabusé par son époque. Salmson,qui assimile le "réalisme brutal" à un "abaissement", voit poindre "la déconsidération de l'art" derrière l'avènement du "vrai". Londres, où l'artiste émigra après 1870, et Genève, où il dirigea à partir de 1876 une école d'art industriel, donnent  une dimension européenne à ce tableau de la vie artistique de plus en plus habité par le sentiment de décadence de l'art moderne.
Parmi d'innombrables portraits, de Bosio à Préault, de David d'Angers à Rude, d'Arsène Houssaye à Falguière, on retiendra en particulier celui de Carpeaux, que Salmson côtoya à différentes périodes son existence : "Une grande personnalité s'impose à mes souvenirs de jeunesse. C'est celle de notre camarade Carpeaux, dont le tempérament énergique a ramené dans notre art des qualités de vie, de couleur particulière à l'art français des dix-septième et dix-huitième siècles [...] Après la guerre de 1870, sa fortune artistique lui parut compromise, voire même à tout jamais perdue ; ce qui n'était pas exact [...] Alors, je le rencontrai à Londres totalement découragé. Il est vrai que les artistes anglais, jaloux de sa supériorité l'empêchèrent de pénétrer dans le monde du hig-life."
 
Derniers ouvrages consultés

Salmson - Entre deux coups de ciseau
>