Les maîtres populaires de la réalité - Gauthier, Maximilien
--VENDU--

Les maîtres populaires de la réalité

Gauthier, Maximilien

Le musée de Grenoble à Paris, 1937.
In-12, broché, 72 pp. - 44 pl.

Avec 44 planches en noir et blanc en hors-texte.
Bon état. Deux petits accrocs sur une couverture légèrement salie, intérieur frais.
Avant-propos par Raymond Escholier - Textes et notices par M. Gautier - Planches.

Ce catalogue accompagnait l'exposition organisée à Paris par le musée de Grenoble Salle royale, 11 r. Royale à Paris. Le titre choisi pour l'exposition -plutôt que celui de peintres naïfs, primitifs...- est un écho de l'exposition organisée au musée de l'Orangerie en 1934 : Les peintres de la réalité en France au XVIIe siècle. "Ceux que nous appelons les maîtres populaires de la réalité, écrit Maximilien Gautier (1893-1977), sont des bergers miraculeusement restés, dans notre époque, à l'état pur. [...]" Les "bergers" choisis par des organisateurs épris du mythe primitivisant de la pure ignorance s'appelaient : Rousseau, Bombois, Séraphine, Utrillo, Vivin, Bauchant, Peyronnet et René Rimbert, que Gromaire avait découvert au Salon des Indépendants de 1920. "Connaissant leur vie, poursuit M. Gauthier, leurs origines, leur formation intellectuelle souvent rudimentaire et la parfaite innocence de leur coeur, nous savons, nous sommes à même de constater que c'est spontanément, sans, de leur part, aucune intervention de préférences esthétiques ou de souvenirs archéologiques, que leur travail, que leurs chefs-d'oeuvre nous donnent à reconnaître des accents dont nous avons été déjà touchés, nous, esthéticiens, connaisseurs, archéologues, dans les peintures rupestres, les sculptures archaïques de l'Asie et de la Grèce, les miniatures et les fresques du moyen âge occidental, les chapiteaux romans, tous les chefs-d'oeuvre de l'art dit primitif et de l'art dit populaire.' (p. 13)
Même dans cette apologie sincère d'un réalisme populaire et anti-élitiste, on note à quel point perdure chez les auteurs du catalogue la notion de l'exceptionnalité de l'artiste -fût-il érigé en "maître populaire'. Chaque "maître populaire" a ainsi droit à une biographie hagiographique qui l'isole et le sacralise dans une individualité  artistique d'obédience néo-romantique. Au même moment, un idéologue du réalisme pur et dur, le critique communiste Jean Fréville, préfaçait les textes de Marx et Engels sur l'art et la littérature. Il y annonçait la disparition de l'artiste et l'avènement inéluctable d'un amateurisme indifférencié dans la société égalitaire à venir : "Dans une société communiste, affirmait-il, il n'y a pas de peintres, mais tout au plus des hommes qui font de la peinture."