Contes du roi Cambrinus - Deulin, Charles
--VENDU--

Contes du roi Cambrinus

Deulin, Charles

E. Dentu, éditeur, Paris, 1874.
In-12, demi-reliure, beau maroquin marron, dos à 5 nerfs orné de fleurons, titre en lettres dorées, couverture conservée, 306 pp.

rare exemplaire publié du vivant de l'auteur.
Bel exemplaire avec lettres ornées, bandeaux et culs-de lampe, des rousseurs plus ou moins importantes à l'intérieur.
Lettre de Sainte-Beuve adressée à l'auteur - L'Intrépide Gayant - Le Drapeau des tailleurs - La Marmitte du diable - Les Douze princesses dansantes -La Dames des Clairs - La Fileuse d'orties - Le Sac de la Ramée - Le Quesne au leu - Caillou qui biques! - La Viole d'Amour - Désiré d'Amour - Le Grand-Choleur - Caracol Bistécol - Les Méquennes de Marie-au-Blé.

Sainte-Beuve, natif des environs de Boulogne-sur-Mer, soutint ce jeune auteur inconnu venu de Condé-sur-l'Escaut, dans le Hainaut. Fils d'un tailleur pauvre, Charles Deulin (1827-1877) bénéficia à Valenciennes de la protection de l'avocat Jean-Baptiste Foucart, dont il devint le secrétaire après l'obtention du baccalauréat. Ce dernier n'était autre que le mécène républicain du jeune Carpeaux et du peintre Bruno Chérier. Deulin évolue ensuite dans la bohème littéraire parisienne, devient  répétiteur ou "pion" comme Alphonse Daudet, dont il semble par bien des aspects le pendant septentrional. Son amitié avec Edmond About et Francisque Sarcey, le critique théâtral du Figaro, lui permet d'intégrer des fonctions courtelinesques dans le monde de la presse (Le Journal pour tous, Le Monde illustré...) L'abandon de la poésie et du théâtre et ses échecs relatifs dans le journalisme vont finalement favoriser son émergence -certes modeste- sur la scène littéraire. Le conte, associé comme chez Daudet à la description d'un univers régional et culturel très spécifique, deviendra sa forme privilégiée. Héritier de Nodier, Deulin puise son inspiration dans le folklore et la littérature populaire. Les Contes d'un buveur de bière (1868) paraissent deux ans après  la publication des Lettres de mon moulin dans la presse. Sainte Beuve sera d'emblée sensible à cet "intéressant volume des Contes flamands - intéressants en effet par le fond, par le tour, par le bon sens vivant qui s'y joue à chaque page. Vous avez parfaitement fait de mettre du vôtre dans ces légendes et récits populaires : à moins qu'on ne veuille recueillir de simples racines pour la science et pour l'histoire des origines ; c'est ainsi qu'il convient de faire, afin de courir de main en main et d'être lu. Ces ébauches primitives ne peuvent que gagner à un coup de pouce donné par un ami et par un pays." Les Contes du roi Cambrinus, le roi mythique de la bière, sont publiés en 1874 et poursuivent la veine quotidienne et truculente de sa première parution. La mort prématurée de l'auteur interrompt brutalement son oeuvre. Comme son prédecesseur Henri-Samuel Berthoud (1804-1891), Deulin crée certaines des représentations culturelles attachées encore aujourd'hui au Nord. L'imaginaire "flamand" et espagnol de Deulin, étendu au Nord tout entier, ramène à un mythe culturel que l'on retrouve également chez Balzac et Hugo. "Ce Condéen (natif de Condé, en plein Hainaut français) n'a eu de cesse de chanter sa région natale (qualifiée bien sûr de "flamande"), ce qui ne l'empêchait pas de puiser sa couleur linguistique dans le dialecte picard du lieu (appelé communément "rouchi")."
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