Translations des restes mortels d Abel de Pujol, poème. - Garin, Adolphe

Translations des restes mortels d'Abel de Pujol, poème.

Garin, Adolphe

Typographie E. Prignet, libraire-éditeur, Valenciennes, 1865.
In-8, br., 31 pp.

Bon état. Couverture légèrement insolée, tampons de bibliothèque sur la première et dernière pages, usure sur les coins inférieurs.
 
 

Fils naturel de Pujol de Mortry (1737-1816), ancien prévôt et fondateur de l'académie des Beaux-Arts de Valenciennes sous la surintendance du peintre Jean-Baptiste Pierre, le peintre Abel de Pujol (1785-1861) s'inscrit dans la longue lignée des prix de Rome valenciennois. Seul le sculpteur Milhomme l'avait précédé en 1801, tandis que devaient ensuite lui succéder les sculpteurs Henri Lemaire (1821), Gustave Crauk (1851), Jean-Baptiste Carpeaux (1854), Ernest Hiolle (1862), l'architecte Constant Moyaux (1861)... Inscrit par sa mère à l'académie fondée par son père, ce fils naturel de condition modeste fit ses débuts sous la direction du peintre Jacques-François Momal (1754-1832), qui ne tarda guère à remarquer ses remarquables dispositions pour le dessin. Comme tant de ses compatriotes à venir, Pujol connut des débuts parisiens difficiles, marqués par une impécuniosité constante lors de son passage longtemps différé dans l'atelier de David. Par l'attribution de bourses d'études (dès 1806) et l'achat de sa première oeuvre exposée au Salon (La clémence de César, 1808), sa ville natale soutint sa carrière selon un processus traditionnel de ménénat municipal, la gloire escomptée de l'enfant du pays devant rejaillir ultérieurement sur la ville bienfaitrice ("Sois satisfaite enfin, Valenciennes, sa mère!/ Il est passé le temps de ton épreuve amère / Ne dis plus que Paris le retient aujourd'hui.") Le prix de Rome, obtenu en 1811 alors que l'artiste avait 26 ans, fut célébré comme il se doit à Valenciennes, qui put s'enorgueillir par la suite de la longue carrière parisienne de cet artiste prolifique et comblé d'honneurs (il fut chevalier de la Légion d'honneur en 1827, membre de l'Institut en 1835) et de commandes (du Louvre au Sénat.) Comme ce fut le cas également lors de la mort de Carpeaux, le retour de l'artiste mort consacrait définitivement sa gloire locale en donnant lieu à d'imposantes funérailles. Le poème d'Adolphe Garin sur La Translation des restes mortels d'Abel de Pujol à Valenciennes participait de ce culte du grand homme revenu à jamais dans l'Athènes du Nord : "Ainsi tu gémissais et priais, Valenciennes, / Rallumant chaque nuit ton funèbre flambeau / Et tu ne cessais point d'espérer, ô chrétienne, / Car toujours, en pensant que tu fus son berceau, / Tu désiras d'Abel posséder le tombeau / Heureux aussi les morts qu'une main filiale / A ramenés loin dans la terre natale, / Terre sainte où tu dors, de Pujol, oh! dors bien ! / Et surtout ne crains point qu'en ta couche de pierre / Nous allions de nouveau remuer ta poussière, / O notre grand concitoyen! " Lors de la cérémonie funéraire, le corps avait été déposé dans une chapelle ardente, dressée au rez-de-chaussée des écoles académiques. "A onze heures, le clergé de Notre-Dame vint prendre le cercueil sur lequel étaient posés le costume de membre de l'Institut, l'épée et la croix de la Légion d'honneur." (Louis Cellier, Courrier du Nord, 26 avril 1865) A cette cérémonie qui se tint dans la nouvelle église Notre-Dame en voie d'achèvement, l'Institut était représenté par trois de ses membres : MM. le baron Taylor, le peintre Auguste Couder et le sculpteur Lemaire, compatriote de Pujol. "Dans l'église, poursuit Cellier, s'élevait un vaste et beau catafalque peint par M. Jules Léonard. Au sommet d'un portique soutenu par deux caryatides sont couchées deux figures de femmes, la Peinture et le Dessin ; au milieu d'elles se tient debout le génie des Arts inscrivant sur une table le nom d'Abel de Pujol. Ces figures, d'une dimension colossale, sont peintes en grisaille [...]. Ce qu'il y a de remarquable encore, c'est, au centre du portique, un groupe de petits génies qui soutiennent en volant un médaillon d'Abel de Pujol voilé d'un crêpe." Au cimetière Saint-Roch, où seront enterrés les autres artistes notoires de la cité du Nord, fut édifié un monument funéraire dédié à Abel de Pujol par les soins de deux prix de Rome valenciennois : l'architecte Edmond Guillaume et le statuaire Gustave Crauk.
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